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Ergonomie visuelle

Selon les spécialistes en comunication et en ergonomie visuelle, comme Joëlle COHEN, la prolifération d'interfaces graphiques inadaptées au canal viuel a explosé. Pourtant, la structuration complexe des documents électroniques devrait respecter les règles de base de la perception visuelle : instantanéité, ordonnancement et regroupement.

Il faut à la fois visuellement innover, respecter l'identité graphique et vérifier la cohérence globale, sur un média en cours de banalisation !


ZONE CRITIQUE DE VISUALISATION INSTANTANEE

L'oeil est le plus rapide des moyen de perception de l'homme. Il envoie l'information au cerveau à un débit de 100.000.000 de bits par seconde selon trois variables principales : les deux dimension d'un plan cartésien et la luminance de l'objet.

Il parcours une page selon un shéma connu : de haut à gauche vers le bas à droite, selon une diagonale qui est le chemin naturel de lecture (en occident) et délimite les zones dévalorisées (sous-brillance) de la zone critique de visualisation (sur-brillance) :

Zones de visualisation

Il est donc judicieux de hiérarchiser les informations selon ce parcours naturel du regard, mais qui n'est pas non plus toujours le trajet réel de l'oeil ! Un internaute averti, connaissant le site, peut immédiatement scruter une zone dévalorisée s'il sait que l'information qu'il recherche s'y trouve et négliger la zone critique. Il n'y a guère de solution miracle. En définitif, la hiérarchisation de l'information doit se faire aussi selon les objectifs du site.


PERCEPTION VISUELLE LINEAIRE OU GLOBALE

En fait, l'ergonomie de la page doit tenir compte des deux modes principaux de perception visuelle : la perception linéaire et la perception globale. Une information sous forme de tableau nécessite un travail intellectuel certain (mémorisation, comparaison...etc) alors que les mêmes données représentées sous forme d'une carte ou d'un graphe sont imédiatement identifiables.

A titre d'exemple, voici un petit tableau présentant le pourcentage de foyers connectés à l'internet pour les principaux pays européens (perception linéaire).Un certain travail cognitif est nécessaire pour en ressortir une analyse synthétique :

Albanie < 10%
Allemagne >= 50%
Autriche de 33 à 49%
Belgique de 33 à 49%
Danemark de 33 à 49%
Espagne de 10 à 20%
France de 21 à 32%
Irlande de 10 à 20%
Pays-bas de 33 à 49%
Pologne < 10%
Portugal de 10 à 20%
Royaume-Un de 33 à 49%
Suède >= 50%
Suisse de 33 à 49%
Tchéquie de 33 à 49%
Italie de 21 à 32%

En revanche, les mêmes données représentées sous forme d'une carte à dégradé de couleur correspondant à la variation progressive de luminance permettent de siuer immédiatement et globalement les pays les plus connectés par rapports aux autres :

Carte Europe


LOIS DE PROXIMITE ET DE SIMILITUDE

Les psychologues de l'école de la Gestalt-therorie ont énoncé deux lois fondamentales de l'acte perceptif visuel, la loi de proximité et celle de similitude. De manière générale, la vision regroupe instinctivement les objets vus selon leur similitude graphique, leur proximité relative et leur régularité spatiale.

Ainsi, suivant le principe de la loi de proximité, l'oeil regroupe les éléments physiquement proches les uns des autres pour leur donner la même valeur sémantique.

Contrairement à ce premier principe, selon la loi de similitude, l'oeil est capable de regrouper des éléments distants les uns des autres dans son champ visuel mais qui présentent des similitudes de forme, de taille et de luminance.

Dans l'exemple ci-dessous, l'oeil assimilera rapidement les 6 points d'entrées du site web placés au centre droit de la page comme étant les rubriques principales, (éléments proches les uns des autres et similaires dans leur forme) et les différenciera d'un point de vue sémantique du lien en bas à gauche (zone dévalorisée) qui représente l'ours du site web.

Proximité et similitude


VARIATION DE LUMINANCE ou TAILLE ET ORDONNANCEMENT

Les varaitions d'intensité de la lumière perçues par l'oeil se traduisent au niveau du cerveau par une attribution implicite de valeur prépondérante aux zones sombres. Il ne saurait donc être trop recommandé, lors de l'élaboration d'une carte ou d'un graphe, de suivre un dégradé (en couleur ou en niveau de gris) progressif de luminance en concordance avec les valeurs ordonnées de l'information chiffrée.

Carte Europe

De même, il semble évident que la séparation des titres de rubriques de ceux des sous-rubriques doit se faire non seulement sur la luminance mais aussi et surtout sur la taille des caractères, afin d'obtenir un niveau d'adéquation acceptable entre l'analyse sémantique de l'information et l'habillage typographique.

Le tableau ci-dessous présente deux fois la même information, mais dans la colonne de droite, les données ont été formatées de manière à adapter l'habillage graphique (gras, indentation, puces) avec les propriétés du contenu. Ainsi, les 17 pays regroupés sous 5 catégorie sont immédiatement perceptibles grâce à la rupture verticale produite par l'indentation :

Plus de 50%
Suède
Allemagne
De 33 à 49%
Royaume-Uni
Autriche
Danemark
Pays-bas
Belgique
Suisse
Tchéquie
De 21 à 32%
France
Italie
Irelande
Espagne
Portugal
Moins de 10%
Pologne
Albanie
Slovaquie
  • Plus de 50%
    • Suède
    • Allemagne
  • De 33 à 49%
    • Royaume-Uni
    • Autriche
    • Danemark
    • Pays-bas
    • Belgique
    • Suisse
    • Tchéquie
  • De 21 à 32%
    • France
    • Italie
  • De 10 à 20%
    • Irelande
    • Espagne
    • Portugal
  • Moins de 10%
    • Pologne
    • Albanie
    • Slovaquie

La structuration du site web doit en fait se percevoir visuellement. La plupart des sites web ne répondent pas à ce simple besoin ergonomique. Il est donc fondamental de garder à l'esprit de ne pas contrarier l'oeil dans son besoin d'ordonner et de regrouper, mais bien au contraire de l'y aider par le moyen de la régularité spatiale et de la similitude graphique.

L'oeil catégorise les objets perçus avant même que le cerveau n'ait commencé le travail cognitif de déchiffrement des données contenues dans la page. Tout le travail consiste donc à mettre en adéquation le contenu (les données et leur organisation) et le contenant (polices, couleurs, formes, images). C'est à ce prix que la première perception de l'internaute sera la bonne !

 
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